Logement : 65 % des Français rêvent de campagne,

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Une enquête Ipsos BVA menée auprès de 6 000 personnes pour leboncoin dessine un habitat idéal fait de calme, de jardin et de protection contre les aléas climatiques. Elle mesure aussi la distance entre cet idéal et le logement réel, qui se creuse avec le statut d’occupation et le niveau de vie.
 

S’ils pouvaient s’installer où ils veulent, 65 % des Français choisiraient un village, une petite ville ou une zone rurale isolée. 23 % opteraient pour une ville moyenne et 9 % pour une grande métropole. Près de trois sur quatre, 73 %, prendraient une maison avec jardin en banlieue, quand 19 % préféreraient un logement plus petit en centre-ville, près des commerces et des transports.
 

Ces réponses ouvrent la première édition de l’étude Habiter, réalisée par Ipsos BVA pour leboncoin immo du 27 juillet au 7 août 2026 et publiée le 1er octobre. Avec 6 000 personnes interrogées en ligne, l’échantillon autorise des comparaisons fines entre âges, statuts et revenus. Le pays compte 38,6 millions de logements au 1er janvier 2026 d’après l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), dont 54,4 % de maisons, et 57,3 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale.
 

L’idéal se paie
 

Au total, 61 % des personnes interrogées estiment vivre dans un cadre conforme à leur idéal. La proportion atteint 71 % chez les propriétaires et 45 % chez les locataires. Elle progresse avec l’âge, de 49 % chez les 18-24 ans à 72 % chez les 65 ans et plus. Elle suit surtout le portefeuille : 39 % parmi les ménages qui renoncent à des dépenses essentielles, 71 % parmi les plus aisés. Les habitants des zones rurales isolées sont 74 % à se dire satisfaits de leur cadre de vie, ceux des centres-villes 50 %.
 

L’étude ne décrit pas pour autant un exode. 73 % des Français resteraient en France s’ils pouvaient déménager sans contrainte, et 56 % imaginent leur vie répartie entre plusieurs lieux, une proportion qui monte à 69 % chez les 18-24 ans. Selon l’étude, les territoires jugés les plus attractifs dans dix ans sont les villes moyennes et les campagnes, citées à 30 % chacune, loin devant les grandes métropoles, à 11 %.
 

Le chez-soi reste un refuge. 59 % placent le logement « intimiste, sécurisant » parmi leurs trois modèles préférés, contre 9 % pour l’habitat partagé. Du voisinage, 62 % attendent d’abord la tranquillité et 15 % la convivialité. Les mêmes sont 66 % à anticiper davantage d’isolement et de solitude d’ici dix ans.
 

Les Français veulent choisir leurs liens. 66 % préféreraient vivre près de leur famille plutôt que s’en éloigner pour gagner en autonomie, et 74 % parmi les 65 ans et plus. 42 % souhaitent pouvoir se rendre service entre voisins. À l’échelle du quartier, 82 % se disent intéressés par un modèle « autonome », capable de subvenir à ses besoins en cas de crise, et 80 % par un quartier reconstruit sur l’existant plutôt que gagné sur la nature.
 

Le climat passe avant la facture
 

Pour 66 % des répondants, adapter les logements et les quartiers au changement climatique figure parmi les priorités de l’habitat de demain. Cet enjeu devance la réduction des dépenses d’énergie (60 %), le fait de bien vieillir chez soi (58 %) et l’accès à des biens abordables (55 %). 89 % jugent utile un logement conçu pour résister aux inondations ou aux incendies, autant un logement qui reste confortable sans climatisation pendant une canicule. À l’inverse, 15 % seulement attendent en priorité un habitat plus connecté, et 25 % se verraient vivre dans une maison imprimée en trois dimensions, contre 69 % dans un bâtiment ancien réaménagé.
 

« Pendant des années, on a promis aux Français la maison du futur. Ils nous répondent qu’ils veulent d’abord un logement où l’on respire », commente Sophie Bourg, directrice marketing et opérations immobilières de leboncoin immo. Pour conduire ces adaptations, 60 % font confiance aux communes, 24 % à l’État et 23 % aux promoteurs.
 

Un baromètre OpinionWay pour l’entreprise de rénovation Little Worker, publié fin septembre, complète le tableau côté travaux. 87 % des Français y jugent que leur logement devra se transformer, et 85 % estiment les logements mal préparés au changement climatique. Le coût arrive en tête des freins, cité par 72 % des personnes interrogées, devant la difficulté à trouver des artisans de confiance (40 %) et la peur de l’arnaque (36 %). 44 % des 65 ans et plus anticipent une perte d’autonomie. Les deux premières motivations pour engager des travaux sont la facture d’énergie (56 %) et la protection contre le froid et les canicules (55 %).